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Accueil du site > Mediaculpa > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï

Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï

Ce soir ou jamais 25/10/07 et lien vers l’entretien du 9 avril 2009

vendredi 10 avril 2009


Actualisation le 10 avril 2009 :

voir aussi

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/index-fr.php ?page=emission&id_rubrique=641

à partir de 27’28" (en première partie : Maintien de l’ordre, que fait la police ? en dernière partie : la Turquie)

...................................................................................................

Alain Badiou/ Frédéric Taddéï

à propos de la sortie de son livre :

De quoi Sarkozy est-il le nom ?

25/10/07 France 3

FT Vous êtes le penseur le plus critiqué actuellement, peut-être aussi le plus redouté Alain Badiou. On vous redoute peut-être à cause de votre influence. Vous êtes quelqu’un qu’on ne voit pas à la télévision, vous ne touchez pas le grand public habituellement mais vous avez de l’influence sur les étudiants, sur les intellectuels. Vous êtes professeur de philosphie à Normale-Sup, vous avez des séminaires de philosophie dans toute l’Europe, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et on vous compare à Robespierre et à Saint-Just, souvent. On vous accuse d’être le dernier penseur révolutionnaire....

AB Je n’ai quand même fait couper aucune tête

FT Pas encore, pas encore, disent vos adversaires...

AB C’est une comparaison qui à certains égards est honorable pour un penseur d’aujourd’hui. Vous dîtes que je suis redouté, tant mieux peut-être, je ne m’en rends pas vraiment compte, pour le moment je développe mon œuvre, je développe ma pensée, je dis ce que je crois être vrai... c’est ma fonction de philosophe

FT Quand on vous compare à Robespierre et à Saint-Just, vous savez bien ce que ça veut dire Alain Badiou, c’est qu’on dit que vous seriez capable de faire couper des têtes et que finalement dans vos écrits, il y a peut-être ça

AB Je n’ai pas l’impression que quand les gens lisent mes écrits ils ont la pulsion immédiate de couper des têtes. Ce sont pour la plupart des œuvres assez complexes, philosophiques, conceptuelles, plutôt dans la tradition de Platon ou de Descartes ou de Hegel et après tout la vérité est toujours quelque chose d’un peu redoutable, c’est peut-être elle qui fait peur, plutôt que moi.

FT Vous annoncez, est-ce la vérité ? le retour de la violence, est-ce que ça veut dire que vous la souhaitez ?

AB Je n’annonce pas le retour de la violence. Je dis que la violence est au présent. Ce n’est pas la même chose. Contrairement à ce qui est dit, notre société est une société de violence. Je suis lié quotidiennement à des ouvriers sans papiers des foyers, ils vivent dans le climat permanent de la violence qui leur est faite. Notre société n’est nullement pacifique, le monde l’est encore moins. Des guerres extrêmement sanglantes et violentes se déroulent sur le continent africain, en Irak, en Afghanistan, etc... Je constate simplement que la violence est là. Et on ne peut pas faire comme si elle n’était pas là par conséquent aussi bien en politique qu’en philosophie, il faut réfléchir à cette présence de la violence , à son devenir

FT Vous laissez entendre Alain Badiou qu’à cette violence que subissent les opprimés ils vont répondre par une violence encore plus grande

AB Ecoutez, ce n’est pas exactement ce que je dis mais je crois que d’une façon générale les opprimés n’ont qu’une seule arme , c’est leur discipline. Ils n’ont rien, ils n’ont pas d’argent, ils n’ont pas d’armes, ils n’ont pas de pouvoir. La seule force qu’ils puissent avoir c’est celle de leur organisation et de leur discipline. Ce n’est donc pas tant à la violence que j’appelle qu’à l’organisation, à la cohésion et à l’unité.

FT On vous a soupçonné aussi d’antisémitisme. On vous a reproché entre autres d’avoir organisé un séminaire sur le mot juif

AB D’abord factuellement c’est un mensonge pur et simple : je n’ai organisé aucun séminaire sur le mot juif et deuxièmement je voudrais être un peu grave là dessus : l’accusation d’antisémitisme à mes yeux est une calomnie absolument insupportable. Ce n’est pas un mot que l’on peut manier comme ça comme « dogmatique », « sceptique », ou etc... C’est une véritable insulte et je tiens à dire que quiconque dit que je suis antisémite sera considéré par moi comme quelqu’un qui m’insulte.

FT Vous publiez un livre Alain Badiou qui s’intitule « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » Ce n’est pas une question que vous posez, ce n’est pas un livre de plus sur Nicolas Sarkozy. Donc on peut tout de suite répondre à la question. De quoi pour vous sarkozy est-il le nom, il est le nom de la peur et de la guerre. Alors la peur de qui ? et la guerre contre qui ?

AB Alors je pense qu’il est le nom d’une société qui a peur en effet et qui demande qu’on la protège. Je sens dans cette société la demande d’un maître protecteur qui sera justement capable d’user aussi de violence contre ceux dont vient la peur. Cette peur vient à mon avis de ce que la France est aujourd’hui après une longue histoire glorieuse, après tout , est aujourd’hui une puissance moyenne dotée de privilèges et de richesses considérables mais c’est une puissance moyenne dans un monde qui est dominé par des colosses émergeants comme la Chine ou l’Inde ou des puissances considérablement plus fortes comme les Etats-Unis. Par conséquent l’avenir de la France est incertain. Nous ne savons pas où va ce pays. Il sait qu’il a un grand passé mais il doute qu’il ait un grand avenir. Et ça crée un sentiment de peur, un sentiment de refermement , une demande de protection et Sarkozy est un des noms de ce phénomène. Le vote pour Sarkozy est une demande de protection.

FT Et la guerre ?

AB Et la guerre, alors là je pense qu’il y a une double guerre aujourd’hui, il y a une guerre menée à l’extérieur on voit de plus en plus nettement que Sarkozy c’est aussi le ralliement progressif de la France aux guerres qui sont menées dans le monde , l’engagement en Afghanistan, la soumission aux Américains dans les guerres qu’ils entreprennent notamment en Irak et que la guerre intérieure, c’est une guerre renforcée contre les plus faibles.

FT C’est à dire ?

AB C’est à dire ceux qui n’ont pas de papiers, ceux qui n’ont pas d’argent, ceux dont le travail est dur et ingrat, ceux qui viennent d’ailleurs parce qu’ils ne peuvent pas vivre là où ils sont, tous ceux là on va les ficher, leur demander des règlements nouveaux, les soumettre à des lois oppressives. La loi CESEDA sur la condition du séjour des étrangers est une loi que je n’hésite pas à qualifier de scélérate, c’est une loi de ségrégation, c’est une loi de persécution et il faut en demander l’abrogation. Sarkozy est le nom de tout cela. Après tout, avant d’être candidat aux présidentielles il a été longuement le chef général de la police.

FT Ministre de l’intérieur ...

AB Voilà...

FT La peur, vous dîtes : c’est le pétainisme. On nous rejette toujours le pétainisme. Il s’est arrêté un jour le pétainisme ? Ou est-ce qu’il est là depuis toujours ?

AB Le pétainisme est une donnée fondamentale de la France à mon avis depuis la Restauration de 1815. Le pétainisme ce sont des gens qui préfèrent la vassalisation aux troubles intérieurs, c’est la réaction de gens qui ont peur de ce qui se passe à l’intérieur du pays et qui pour parer à cette peur acceptent des contraintes, des ségrégations ou des persécutions nouvelles. C’est ça le pétainisme dans sa signification la plus générale. Dans le cas de Pétain, c’est particulièrement prononcé parce que c’est évidemment les gens qui avaient eu une peur terrible du front populaire qui ont finalement préféré l’occupation allemande à la continuation de la lutte. Mais de manière générale, le pétainisme c’est ça, c’est la politique de la peur. Je pense que Sarkozy en est un représentant soft.

FT Alors Alain Badiou vous avez une théorie de « l’invariant ». On ne va pas rentrer dans les détails, c’est un peu compliqué on va laisser ça à ceux qui lisent vos livres. Néanmoins, il y a « l’événement », vous attendez les évènements. Les évènements plus importants que d’autres. En France, on pourrait dire que le dernier événement important ça a été Mai 68 à vos yeux...

AB A titre d’événement interne, je pense, oui...

FT Vous attendez le prochain. Comment va-t-on reconnaître cet événement ? Celui qui se prépare d’après vous ?

AB Oh vous savez, je ne sais pas si un grand événement se prépare de façon immédiate. Avant de préparer les évènements à venir, il faut être fidèle à ceux du passé. C’est à dire il faut être fidèle par exemple à mai 68 et donc s’opposer à une thèse fondamentale de Sarkozy qui est comme vous le savez qu’il « faut en finir avec mai 68 une fois pour toutes ». Nous pouvons opposer « être fidèle à ce qui a été enseigné de nouveau pendant mai 68 ».

FT Je vous interromps mais en mai 68 il y avait une tendance libérale-libertaire, plutôt bourgeoise, j’imagine que vous n’êtes pas favorable à cette tendance là ? Vous étiez plutôt de la tendance marxiste-léniniste, maoiste.

AB Oui. J’étais d’une tendance qui cherchait une liaison, une unité entre les intellectuels, les étudiants et les ouvriers et les gens du peuple, certainement. Je pense encore aujourd’hui que c’est de cette unité possible que dépendent les évènements véritables. D’un point de vue interne, c’est toujours de nouveaux trajets dans la société elle-même. C’est la rencontre entre des gens qui d’habitude ne se rencontrent pas. Mai 68, ça a été ça à grande échelle la rencontre entre des gens qui dans la vie sociale régulière ne se rencontrent pas. Et c’est cette rencontre qui fait l’événement. Tout événement est une rencontre. L’événement amoureux c’est une rencontre. L’événement historique aussi est une rencontre. La rencontre de gens qui n’ont pas l’habitude de se rencontrer.

FT Là ce serait qui, maintenant ?

AB Je pense que ce serait une partie de la jeunesse, des intellectuels, des petits salariés français et puis de ceux qui sont les persécutés premiers c’est à dire les gens de provenance étrangère, et puis ceux qui n’ont aucun travail.

FT Ce sont eux, pour vous les Sans-culotte de la prochaine révolution, ce seraient les immigrés, en particulier les clandestins, les sans-papiers, les réfugiés ?

AB Je ne sais pas si la prochaine révolution aura des sans-culotte. Rien ne se répète comme tel mais en tous cas, c’est ceux qui n’ont rien qui sont le plus capables de devenir tout. L’Internationale chantait cela, nous ne sommes rien, soyons tout. Je pense que n’être rien, devenir tout, c’est cela l’événement. Ceux qui n’étaient rien, qui n’existaient pas, qui n’apparaissaient pas, tout à coup on constate qu’ils sont là et qu’ils occupent une position essentielle.

FT Vous citez l’Internationale et votre livre se termine par cette prophétie, l’avenir pour vous c’est le communisme. Alors le communisme est-il pour vous celui de Lénine, celui de Mao, c’est le même ?

AB Non je pense que c’est un communisme en un sens général et invariant. Au fond j’appelle communisme, et c’était déjà le sens que lui donnait Marx au début, une société qui est délivrée de la règle des intérêts. Une société dans laquelle ce qu’on cherche, ce qu’on fait, ce qu’on veut n’est pas réglé de bout en bout par les intérêts individuels ou les intérêts de groupe. C’est ça le communisme. Le communisme c’est aussi la société où tout le monde est polyvalent. C’est à dire où il n’y a pas de division du travail organisée entre ceux qui sont intellectuels, riches etc... et ceux qui sont en bas. C’est une société où tout le monde fait un peu toutes choses. Le communisme c’est le nom de cela. De ce point de vue il existe peut-être depuis très longtemps. Je pense que dans la révolte des esclaves contre les Romains, la révolte de Spartacus, il y avait déjà un élément de communisme. Il y avait déjà la revendication que l’on compte tout le monde, que tout le monde existe dans une figure égalitaire et ça c’est une idée, ça n’a pas à être un programme mais sans cette idée, je pense que la vie politique n’a aucun intérêt. Elle n’a aucun intérêt parce qu’elle consiste à savoir comment on va négocier entre les intérêts des uns et des autres.

FT Vous ne croyez pas au suffrage universel ?

AB Le suffrage universel à mon avis est comme toute chose. Il faut le juger non pas du point de vue de sa forme mais du point de vue de son contenu. Je voudrais rappeler par exemple que c’est tout de même une assemblée tout à fait régulière qui a investi le maréchal Pétain en 1940, c’est une assemblée régulière qui a désigné Hitler dans l’Allemagne de Weimar. Le suffrage universel ça peut avoir des résultats tout à fait intéressants et ça peut avoir des résultats désastreux. Donc moi je juge sur pièces.

FT Le communisme, c’est la même chose, c’est une idée..

AB Evidemment

FT On l’a jugée sur pièce à la hauteur des cadavres, des prisonniers, des goulags...

AB Mais le communisme-léninisme a eu une formule particulière. Il ne s’est pas du tout résumé à ce dont je parlais. Il a proposé une formule de l’Etat. Il a proposé que le parti unique domine l’Etat. Ça a été le moyen de la victoire de l’insurrection en 1917 mais nous ne sommes plus en 1917. Nous n’avons pas les problèmes immédiats de victoire de l’insurrection, nous sommes délivrés de cette figure du communisme et nous pouvons revenir à ce que j’appelle le communisme générique, c’est à dire le communisme comme idée régulatrice de l’action.

FT Mais ce communisme là appelle un homme nouveau. On sait aussi que des communistes ont pensé l’homme nouveau en tous cas c’est comme ça qu’on explique le génocide des Khmers rouges par exemple. Est-ce que vous pensez que ce communisme dont vous rêvez nécessite un homme nouveau ?

AB Je ne pense pas du tout. Je pense qu’il faut faire avec les hommes tels qu’ils sont. Avec la capacité des hommes tels qu’ils sont. S’opposent deux visions de ce dont l’homme est capable. En réalité dans le capitalisme modernisé, la conviction est que l’homme est principalement capable de poursuivre ses intérêts. Et le communisme c’est au fond l’idée que l’homme est aussi capable d’autre chose. Il est capable de désintéressement, il est capable d’une organisation sociale qui a d’autres buts que celui de la perpétuation de sa puissance. Je pense que c’est avec cet homme capable de cela qu’il faut faire et non pas en forgeant un mythique homme nouveau.

http://www.dailymotion.com/video/x3g4kl_csoj-alain-badiou_news

Portfolio

hypothès communiste De quoi Sarkozy

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27 Messages de forum

  • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï

    31 octobre 2007 09:30, par l’orthographe, c’est utile pour la compréhension du sens de (...)
    La grosse faute qui dénature le titre du livre, à la fin de la présentation, m’a découragé d’aller plus loin, hélas.

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  • BONJOUR TOUT D’abord à la dernière voix et plume de la liberté et souvraineté de la pensée,bonjour aux lecteurs et léctrices moin même je suis chercheur en philosophie,j’assiste aux séminaires d’AlainBADIOU-si ça vous intéresse un mercredi sur 4 UN SéMINAIRE AU 29,rue d’ulm apmhi julles ferry 75005 le thème PLATON ! le prochain 21NOVEMBRE2007 20H-22H : Pour plus de BADIOU ! oui pour plus de ce "mec" A.badiou est une montagne rare dans une époque ou il ne reste que des philosophes "standard" encore heureux ! pour celle qui dit que on est gentille qu’on lui donne le droit de parler ok§S par contre les médiocrES ETpseudos "philosophes" que l’on voit comme des"stars ac"pour justifier les injustices ,retournant leur vestes pour un bien ou boulot ;ils déffendent les entreprises...... !!!!!!! J’espère de tout mon coeur que la france fera naitre des milliers de A.BADIOU ET Là LE BONHEUR S’y installera MES SALUTATION à ALAIN BADIOU la voix de la liberté et la critique,les quelles sont aussi à la fois tradions universelles et française face aux pensées rapides" !!!!! les hommage aussi à BOURDIEU ET DERRIDA IL FAUT êTRE FIèRE D’AVOIR UN PENSEUR COMME A.BADIOU aziz chesmek@caramail.com

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  • Alain Badiou est un être exceptionnel, exceptionnel.Je suis fier de le lire et de me rendre compte qu’il rend capable le lecteur à exister dans le monde en termes de liberté, et de possibilités de l’être dans une société néolibéralisme avec ses barbaries.Autant sinon plus qu’un Marx et autres ....Nous avons la chance de le rencontrer par ses livres de l’aimer comme jamais on peut adorer quelqu’un, de faire quelque chose avec sa pensée, de le faire connaître. Heuch

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  • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï

    9 novembre 2007 09:12, par alexis k bacri
    On ne peut qu’être éperduement admiratif devant ce dernier Grand résistant au déferlement de la volonté de puissance à l’oeuvre dans le capitalisme. Cette position, qui consiste à être en toutes circonstances du côté des faibles et des opprimés est le fondement de l’éthique collective. Et il s’est trouvé de tous temps des "justes" pour s’élever contre la barbarie et justement... l’injustice. Ce noyau fondamental d’humanisme, de quels vêtements idéologiques nous l’habillons ? Avec Badiou il s’agit d’une fidélité à la fois à ce noyaux éthique et à la tradition révolutionnaire/communiste. Cette fois, il s’agit de construire un "homme éthique" avant toute politique, tout projet de société nouvelle. Mais cette société nouvelle, c’est le communisme comme absolu de l’organisation sociale, un terme utopique. Malheureusement, nous restons encore dans la nostalgie puisque l’autre versant de la fidélité, c’est celui du maintient d’un bonne part du corpus théorique de Marx et de la tradition socialiste révolutionnaire. En particulier que les opprimés sont les moteurs de l’histoire comme devenir. Or les révolutions se sont faites au nom des opprimés mais par pour eux, elles se font au profit de ceux qui la font, qui y ont intérêt. C’est en ce sens qu’il faut entendre la perdurance de la nostagie de gauche chez Badiou, sur le plan stratégique. En résumé, Ethique de résistance et nouvelle éthique de l’action sont insuffisantes mais indispensables pour les temps présents. On ne peut faire l’économie d’une "nouvelle critique duCapital" et de donner un contenu autre à la société communiste.Mais chaque chose en son tems

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    • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï 9 novembre 2007 12:43, par Nadine
      Votre message pourrait faire l’objet d’un article ! :o)

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      • Certes, c’est gentil, mais en général, je suis interdit partout de publication.

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      • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï 14 novembre 2007 12:17, par alexis k bacri

        Voici un complément pour faire plaisir à Nadine

        La société communiste est un idéal trans-historique qui accompagne en tous temps le devenir historique de l’humanité. C’est un absolu comme terme jamais atteignable mais vers lequel on doit sans cesse tendre. Il a pour corrolaire la perfection individuelle : à des hommes parfaits doit correspondre une société du même type. Si on sait vers quoi s’avancer, on peut s’interroger sur ce dont on doit s’éloigner. L’entraide, la fraternité, le dévouement à l’autre, la générosité doivent succéder à la lutte appropriative, le primat du subjectif, la valeur-marchandise, l’inégalité, l’injustice etc. Il faut s’éloigner du primaire pour aller vers le supérieur. Cependant, il existe des déterminismes naturels qu’on appelle lutte des espèces, volonté de puissance, instincts de survie et de conquète, sélection des meilleurs. Naturels, car ils sont un fait de nature et dérivent du principe. d’évolution. Les progrès éthiques ne peuvent s’effectuer que contre cette "volonté naturelle", passer de la nature à la culture. Le capitalisme est alors entièrement déductible du darwinisme et de la lutte des espèces pour la puissance et la maîtrise. C’est une formidable machine de production destinée à lutter contre les contraintes naturelles afin d’assurer la sécurité matérielle. Il use pour cela des principes de concurrence et d’insécurité des producteurs pour reproduire les conditions de la lutte pour la survie.Il n’est que ça et à prouvé son efficacité. L’essence du capitalisme n’est pas l’éthique mais la lutte de l’espèce contre elle-même et la nature. il a donc eu une mission et une totale légitimité historique. La question du passage à une amorce de société communiste suppose l’achèvement de tout ou partie de cette mission. Or les besoins humains sont illimités et le désir de richesse insatiable. Nous en sommes là de cette contradiction. L’organisation communiste doit alors tenir compte de cette "nature humaine " et proposer un modèle qui la transcende...Cela demande reflexion.

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        • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï 14 novembre 2007 19:05, par Nadine
          Merci de votre contribution. Alain Badiou parle tout simplement de "faire avec"... les humains tels qu’ils sont. Le modèle n’a pas forcément besoin d’être transcendé, il suffirait qu’on "décolonise son imaginaire" comme dit Latouche. Pour redescendre un brin, je doute qu’on y arrive en proposant des partenariats université-privé !!! :o)

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          • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï 16 novembre 2007 11:26, par alexis k Bacri
            Il n’y pas de contradiction entre le "faire avec" et le tenir compte de la nature humaine. Le terme transcendance n’est pas en effet approprié. On pourrait avancer celui d’horizon provisoire. Quel serait cet horizon provisoire de la société communiste ? Certainement pas la dissolution de la division du travail comme le propose Badiou, lorsqu’il laisse entrevoir sa vsion de la société communiste. Cela pourrait être par exemple l’extension du champ de la gratuité sur celui de la marchandise. On ne peut se contenter de combattre sur le terrain des valeurs mais sur celui également de la valeur marchande. la force de Marx c’était le capital. On ne peut faire l’économie de l’économie, d’un projet. C’est un peu ce qui est absent chez Badiou. Mais, il avait à faire avant tout un travail de recomposition théorique. JJM

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            • Dans son entretien Frédéric Taddéï évoque une partie du passé politique d’Alain Badiou. Il faut préciser que Badiou fut un responsable/dirigeant de l’UCFML -groupe pour la fondation de l’Union des Communistes Marxistes-Léninistes- jusqu’a la disparition de ce groupe et la fondation de l’Organisation Politique. Vous trouverez des infos et des textes de l’UCFML sur le site http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/articles/lemarxisteleniniste/l eMarxisteleniniste.htm

              la brochure HISTOIRE POLITIQUE DU MOUVEMENT DES FOYERS SONACOTRA

              http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/brochures/ucfml/Histoiresonac. htm

              Voir en ligne : Articles de l’UCFML

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  • Une bonne lecture de Badiou

    20 novembre 2007 16:47

    J’ai lu une interprétation intéressante du livre d’Alain Badiou sur Sarkozy ici :

    http://www.relectures.org/spip.php ?article4

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    • > Une bonne lecture de Badiou 20 novembre 2007 21:53
      Excellente communication ! D’autant plus que le livre se fait désirer chez certains libraires ! On se demande bien pourquoi... Parution vers le 20/10. Commande le 26/10. Toujours rien à ce jour dans deux "grandes surfaces de la culture". Etonnant, non ?

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    • > Une bonne lecture de Badiou 28 novembre 2007 19:41, par LondonCall
      Vous seriez gentil mon petit anonyme de ne pas faire des copier coller sur tous les blogs que vous rencontrez. Surtout pour asseoir la lecture d’un maoiste qui ne regrette ni les charniers ni les camps de rééducation chinois. Vous observerez au passage la difficulté de ce gateux (merci Mr Taddei) sur les passages clés de sa rhétorique : comment devient on communiste librement si l’homme est pétri d’intérêts ? Par ailleurs, vit on encore dans une société si l’on est dénué d’intérêt envers autrui, si on est polyvalent donc sans besoin de l’autre ?

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      • > Une bonne lecture de Badiou 29 novembre 2007 11:56

        Vous êtes sûr d’avoir lu le bouquin ?

        citation de votre post "Par ailleurs, vit on encore dans une société si l’on est dénué d’intérêt envers autrui, si on est polyvalent donc sans besoin de l’autre ?"

        Ce n’est pas du tout ce que dit Badiou. Quand il dit "que chacun s’occupe de ses affaires, et n’en parlons plus", il s’agit de l’hypothèse dans laquelle rien ne serait collectivement possible, ce qui serait le triomphe de "l’homme aux rats". C’est à l’encontre de cela qu’il propose une relecture du communisme débarrassé de ses oripeaux, comme de ses violences...

        En quoi le fait pour l’individu de tendre à la polyvalence empêcherait-il la vie en société ?

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  • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï

    26 novembre 2007 15:49, par pogost
    On ne pose jamais de bonnes questions. En quoi est-il honteux que les classes populaires veulent plus de sécurité ? La peur est un sentiment involontaire en face de menace : hier, une jeune femme de 23 ans a succombé au plusieurs coups de couteau dans le RER D. Dans son cocon académique, Badiou peut se sentir très en sécurité : il nr sait pas ce que c’est vivre dans les quartiers pour les "sous- chiens" (c’est le nom que des "indigènes de la république" donnent aux français de souche), ilBadiou n’a pas de droit de stigmatiser "la politique de la peur" ! Il s’occupe des sans-papiers, qui, sélon lui, n’ayant rien, vont subvertir la société occidentale—ce qu’il appelle de ses voeux du bobo gaté des beaux-quartiers. Je me demande, en quoi peut-il être appelé philosophe, c’est un militant borné alter-mondialiste. Je tire cette conclusion de ce que j’ai lu dans cet intervieuw.

    Répondre à ce message

    • Vous écrivez : "Je tire cette conclusion de ce que j’ai lu dans cet intervieuw."

      Vous feriez mieux de lire le bouquin avant de plomber un argumentaire aussi manichéen. C’est comme si nous nous faisions une opinion à votre sujet en lisant votre message... Ici on n’est pas sur tf1 !

      Répondre à ce message

  • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï

    28 novembre 2007 10:20, par Jean-Pierre SAGOT
    Le potentiel de développement chez l’homme de sa part d’altruisme désintéressé est en effet la condition de l’existence d’un communisme réel ou le moteur de la marchandation des rapports humains est remplacé par un système de relation égalitaire. A ce jour aucune expérience de mise en œuvre de cette utopie a eu des résultats pérennes et positifs. Ce n’est certes pas une raison pour l’abandonner, car l’individualisme et l’inégalité qui sont les moteurs du capitalisme, a montré lui aussi les horreurs qu’il génère : trois guerres mondiales, des guerres locales permanentes depuis 1945, le colonialisme. La question qui me semble (à ma connaissance) rarement abordée d’un point de vue théorique est "comment l’homme peut développer son potentiel égalitariste". Est-ce du domaine de la politique, de la morale, de la philosophie ? Et comment concrètement mettre en place une démarche collective pour atteindre un jour même loin lointain cette objectif. Comment répondre à ceux qui prétendent que le progrès de l’humanité est un mythe ?

    Répondre à ce message

    • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï 28 novembre 2007 11:30, par Nadine

      Je vous cite : "comment concrètement mettre en place une démarche collective pour atteindre un jour même loin lointain cet objectif. Comment répondre à ceux qui prétendent que le progrès de l’humanité est un mythe ?"

      Si l’on s’en tient à la théorie des "points à tenir", cela ne se fera pas par de grands mouvements, de grands ensembles... Cela naîtra des volontés individuelles juxtaposées et tournées vers autre chose que l’intérêt personnel. Ce qui fait, selon Badiou, que l’on a encore envie de croire en l’humain. Autre chose que la poursuite de son intérêt immédiat.

      Si ces "points à tenir" trouvent des hérauts les portant au statut d’expériences politiques, même si elles sont "locales et singulières" comme il le dit en conclusion, on peut espérer qu’elles seront "transmissibles universellement". A ce sujet je ne comprends pas qu’il semble réfuter des démarches comme celle de Porto-Alegre, par exemple. Il englobe les projets des alters dans un vaste ensemble théorique selon lui inopérant. Pourtant, si l’on s’en tient à la définition qu’il donne du "communisme" débarrassé de ses oripeaux, on n’en est pas très loin.

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      • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï 22 janvier 2008 12:55, par Eric Hardy
        Bonjour, je m’appelle Eric Hardy. Il est étrange que tous ces grands penseurs fassent abstraction de l’argent, qui est pourtant la racine du mal. Or, la révolution technologique a eu lieu et l’abolition de l’argent et son remplacement par une carte à puce, la carte civique (je suis un partisan du civisme), est désormais possible. Pour en savoir plus sur le civisme, qui a pour but d’instaurer l’égalité en devoirs et en droits des citoyens, vous pouvez lire "le Manifeste des patriciens" : http://lespatriciensunblogfr.unblog.fr

        Voir en ligne : Civisme

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    • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï 24 janvier 2008 12:35, par Eric Hardy

      Bonjour.

      Voici un courriel que j’ai envoyé à Laurent de Bartillat (réalisateur) ainsi qu’à d’autres personnes car il concerne tout le monde.

      L’argent, cette antivaleur, est la valeur suprême de notre société capitaliste à laquelle sont subordonnées les véritables valeurs. Voilà pourquoi le monde va à vau-l’eau. Une véritable valeur est un concept moral, or l’argent est immoral puisqu’on peut l’acquérir de façon criminelle ou frauduleuse et ceux qui travaillent comme des bêtes de somme gagnent des miettes par rapport à d’autres qui s’en mettent plein les poches en se donnant beaucoup moins de mal. Vous allez certainement me rétorquer que ces derniers méritent de gagner des sommes astronomiques. Mais de même que Beaumarchais disait aux aristocrates "Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus", je vous répondrais que ceux qui prétendent mériter leurs gros revenus ne se sont donnés également que la peine de naître. Car ils ont hérité des capacités intellectuelles (ou d’un réseau de relations) de leurs parents qui leur ont permis d’exercer un métier fort bien rémunéré. Ils n’ont donc aucun mérite. Ils se sont seulement donné la peine d’exploiter les capacités intellectuelles dont ils ont hérité. Ils ont donc uniquement fait preuve de bon sens (la notion de mérite est parfaitement étrangère à leurs parcours) et ne méritent aucunement leurs salaires mirobolants. S’ils étaient nés enfants d’ouvriers ces derniers ne seraient pas à leur portée. Ayons toujours à l’esprit que nous sommes tous des produits du hasard : si nos parents ne s’étaient pas rencontrés par hasard nous ne serions pas nés. De même, le fort Q.I. qui permet à certains de gagner très bien leur vie est le produit de ce même hasard. Pourquoi des personnes qui ont eu la chance d’être bien loties par le hasard auraient-elles plus de droits que celles qui ont été moins bien loties (je vous rappelle que dans une société capitaliste les droits sont matérialisés par l’argent : plus on a d’argent, plus on a de droits ; le droit de passer deux semaines au Japon, par exemple) ? Le hasard a favorisé ces premières. Est-il juste que la société en fasse autant ? Non, car il faut de tout pour faire un monde. Il faut des éboueurs, des chirurgiens, des ingénieurs, des bouchers, des femmes de ménage, etc. Voilà pourquoi nous devrions tous être égaux en droits. Vous venez de réaliser un film ("Ce que mes yeux ont vu") qui n’est qu’un bon divertissement parmi des centaines d’autres. Mais vous pourriez réaliser un documentaire traitant des crimes de l’argent. Je dis un documentaire car les crimes de l’argent sont mis en évidence dans de nombreux films de fiction (y compris le vôtre), mais leurs réalisateurs ne proposent jamais une alternative au capitalisme, ce que vous pourriez faire dans ce documentaire en parlant du civisme. Par ailleurs, dans une société capitaliste on sacrifie allègrement l’intérêt général sur l’autel de l’intérêt particulier. Notre famille, nos amis et l’Education nationale nous y invitent. Il importe de réaliser ses rêves personnels, égoïstes, tout en feignant d’ignorer qu’en France sept millions de personnes sont en dessous du seuil de pauvreté. Ainsi à Paris on rencontre un SDF tous les 50 mètres comme au Moyen Âge, mais on trouve ce spectacle aussi normal que celui des bancs publics. L’homme n’est pas un loup pour l’homme, il DOIT être un loup pour l’homme. Aussi les choses les plus anormales lui semblent-elles normales. Dans la Cité telle que la conçoit le civisme il n’y aura plus de "citoyens" de première, de seconde et de troisième classe, car nous serons tous égaux en devoirs et en droits et on pourra ainsi servir son intérêt personnel tout en servant l’intérêt général. L’homme sera un chien (qui est le meilleur ami de l’homme) pour l’homme. Il ne faut pas céder au fatalisme car "la fatalité, c’est ce que nous voulons", disait justement Romain Rolland, mais se battre jusqu’à l’avènement de l’égalité. "Rappelez-vous que l’impossible prend un peu plus de temps" (George Santayana). En attendant, il est vrai que "nous ne sommes pas au monde" (Rimbaud), car nous sommes dans le monde de l’argent. Voici l’adresse du "Manifeste des Patriciens" pour en savoir plus sur le civisme : http://lespatriciensunblogfr.unblog.fr

      Eric Hardy

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      • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï 24 janvier 2008 21:56, par Nadine
        Bonsoir, Ce serait sympa de ne pas poster cinq fois le même message. Ce forum est modéré à priori car il est victime depuis plusieurs semaines d’attaques répétées. Un petit délai est nécessaire pour voir figurer votre proposition de réponse à un article. Merci.

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  • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï

    6 décembre 2007 10:08, par Daniel GRENIER

    J’avais 17 ans en 1968. Mai m’a appris que la pédagogie ne vaut que par l’exemple. La bourgeoisie, ou toute autre partie du corps social ne peut imposer à autrui ( je n’ose dire le peuple ) une morale qu’elle ne respecte pas elle-même. Je ne peux obéir qu’à qui m’ordonne. Mon supérieur est celui qui me grandit.

    Le respect que vous m’inspirez m’incite à vous écrire.

    A la lecture de votre interview, je constate avec joie, cher Alain Badiou, que vous êtes croyant.

    Daniel Grenier.

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  • L’insensé

    19 décembre 2007 14:33, par Diego

    Ce liant du ressentiment que cherche Alain Badiou, entre toutes les classes, les races, les cultures porte déjà un nom : islam. Il le sait très bien, ça serait pas mal qu’il le dise. Il ne fait que surfer sur ce qui se prépare, et ça aussi tout le monde le sait : une montée aux extrêmes entre ceux qui ont peur - les sarkozystes - et ceux soudés par l’islam qui vont les emporter comme une lame de fond. En France comme partout en Europe. Le risque, à l’heure nucléaire, c’est que le déchaînement de violence qui va aller avec à l’échelle mondiale et dont nous avons déjà eu quelques avant-goûts, ne peut pas être couru par l’humanité. La dernière fois c’est passé juste, la prochaine on y passera tous. L’humanité ne peut pas se permettre de suivre un type comme A Badiou qui n’est qu’un insensé.

    Ce dont l’humanité a besoin c’est de dépasser le ressentiment, la vengeance, le clash identitaire, la soif de justice, la fondation par la violence, la justification de crimes parce que "la fin justifie les moyens". Nous devons aussi dépasser l’extrême-empathie gauchiste qui vise l’identification avec l’Autre jusqu’à la nausée de Soi, cette fuite en avant dans le néant qui ne fait qu’attiser par pacifisme lâche la violence en retour. Un dépassement individuel et collectif, un dépassement courageux, charitable mais intransigeant, un dépassement de combat, un dépassement qui n’est pas bêtement pacifiste mais qui refuse d’absolutiser la violence. Laquelle est bien réelle, comme le dit Badiou - sauf qu’il la voit toujours du même angle. Il lui suffirait de voir la violence mentale, morale et bien souvent physique faite à la majorité des "gens qui ont peur" pour descendre d’un cran.

    Ce dépassement de Soi, que la raison peut comprendre mais qui reste presque divin, porte un nom lui aussi : CHRIST. C’est pour cela qu’on dit qu’il a ouvert la porte du Salut et sauvé le monde. Chacun est invité librement à le suivre, ou bien à repartir pour un tour avec Badiou, Ben Laden, Bush et tous leurs amis. Peut-être le dernier tour.

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    • > L’insensé 24 janvier 2008 12:24, par Eric Hardy
      Bonjour, je m’appelle Eric Hardy. Vous oubliez de parler de la violence économique. Rien qu’en France il y a 7 millions de personnes qui sont en dessous du seuil de pauvreté. Pour ma part, je suis partisan du civisme. Doctrine qui vise à l’égalité en devoirs et en droits des Citoyens. L’argent doit être aboli et remplacé par la carte civique (une carte à puce) car il empêche l’avènement de l’égalité. Pour en savoir plus : http://lespatriciensunblogfr.unblog.fr

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  • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï

    25 décembre 2007 17:07, par JA67

    "D’un point de vue interne, c’est toujours de nouveaux trajets dans la société elle-même. C’est la rencontre entre des gens qui d’habitude ne se rencontrent pas. Mai 68, ça a été ça à grande échelle la rencontre entre des gens qui dans la vie sociale régulière ne se rencontrent pas. "

    Je comprend ce que veut dire Alain Badiou, pour avoir vécu Mai 68 et quelques grèves avec occupation de l’entreprise depuis. Dans ces moments particuliers, le verrou que constitue l’idéologie dominante, ce verrou pète et les gens que l’on côtoie dans l’action sont différents, comme libérés, inventifs. Les nouveaux trajets sont trouvé par les acteurs eux même dans ces situations politiques particulières. Ce qui est exceptionnel en 68, c’est que cela c’est produit à l’échelle d’un pays. C’est ce qui nous a fait croire que tout était possible dans les années qui ont suivit. Actuellement cette période ressemble sur un point essentiel avec la période qui précède Mai 68, les luttes sociales se produisent sans liens, sans débouchés globales. Pourtant les attaques de la droites sont des attaques globales, qui concernent tout les salariés et les futures salariés. Les actions collectives se produisent secteur par secteur. La seule solution que nous ayons, c’est de lutter chacun dans nos secteurs de prédilections et de rechercher les convergences. C’est un travail de longue haleine. Mais le moment ou cette convergence se produit, ne se décrète pas...... Ce n’est pas pour rien que la droite fait un gros travail idéologique de division de la société (diviser pour mieux régner), c’est le noeux central, résoudre ce noeud est le point de départ de tous. J’avais 20 ans en 68......... En 68, les possédants ont eu très peurs, cette peur est à la hauteur de la revanche qu’ils tentent de mette en œuvre par la main de Sarkosy. Ils sont d’autant plus pressés que cela fait 40 ans qu’ils attendent cela.

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  • > Alain BADIOU entretien avec Frédéric Taddéï

    27 décembre 2007 07:39, par Gapenne Pierre
    Monsieur Badiou pose la bonne question : il est vrai que cela fait bien longtemps qu’on n’avait pas posé une si bonne question. Nous avons besoin de poser des questions sitôt que nous avons des problèmes. Or, des problèmes il n’en manque pas si l’on croit les sentiments de malaise que nous ressentons au spectacle de ce que nous vivons. Donc monsieur Badiou pose la bonne question : quant à savoir s’il répond bien à cette bonne question, c’est là un autre problème. Sans doute, quand il y a un malaise, il faut faire évènement, mais quant à savoir si seule la violence peut faire évènement, c’est là encore un tout autre problème. Il est vrai que quand nous sommes réduits, quand nous sommes acculés, quand nous nous sentons impuissants et que nous n’avons plus prise sur le cours des choses, il peut être tentant d’user de la violence, peut être même qu’il est légitime d’en user. Mais s’agissant de notre situation française, il est patent, il est obvie qu’il ne s’agit là que d’une mascarade de plus, une Histoire qui repasse des plats : Sarkozy n’est que le nom d’un jacobinisme ridicule d’un centralisme démesuré qui surcompense par des attitudes bravaches, la petitesse de la France. Monsieur Badiou ferait bien de s’aviser de la question de la subsidiarité européenne.

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